A l'issue du vote, les élus sont sortis de l'hémicycle pour expliquer leur position à Joël Forgeau,président du syndicat
de défense du muscadet. En présence de la profession viticole et des associations, l'assemblée départementale a voté en faveur du tracé Est à une forte majorité, lundi. Reste une dernière étape pour que le projet file droit : l'avis du ministère de l'Agriculture.
Pas de surprise : 56 voix pour,3 abstentions. Le choix du fuseau Est a été approuvé à une très large majorité, lundi, par l'assemblée départementale. C'est
Bernard Deniaud, viceprésident en charge des infrastructures routières, qui a présenté le dossier en ouverture de séance. Le tracé routier, dontl'emprise est prévue pour une2X2 voies, doit relier
Clisson àAncenis par l'est de Mouzillonet Vallet. Pourquoi l'est ? "Au delàde
son moindre coût, c'est celui qui consomme lemoins d'espace, franchit lemoins de corridors écologiqueset présente le moins denuisances", a rappelé le conseillergénéral du canton d'Aigrefeuille-sur-Maine.
• Mesures compensatoires
Le débat qui a précédé le voten'a laissé aucun suspens. Que ce soit les élus de la majorité ouceux de la minorité, tous ontvoté pour la proposition.
C'estJean-Claude Daubisse qui aouvert les échanges. Le conseillergénéral du
Vignoble s'est surtoutexprimé en tant que présidentdu SCoT et du Pays duVignoble nantais. Si "la nécessitéde cette voie est clairementsoulignée dans le SCoT",le Goulainais a souligné l'importance"d'associer à la décisionun certain nombre
demesures et d'actions compensatoires".Pour les habitats proches dufutur
itinéraire, le conseillergénéral de la minorité propose"d'utiliser un revêtement spécialroutier plus silencieux".Capable de gagner jusqu'à 10décibels. Et de réduire la vitesse.Pour la viticulture, l'élu a poséun impératif : "Le tracé doitréduire au maximum
l'impactsur les clos viticoles de qualité,même s'il doit être rallongé".Le
Goulainais a terminé sonintervention en expliquant quela liaison Est doit s'accompagnerde la réalisation "de projetsparfois anciens mais quideviennent maintenantessentiels". Et de lister : la réalisationde l'échangeur A83 auniveau d'Aigrefeuille et
Montbert; la réalisation d'un giratoiresur la RD 117 entre Gorges etSaint-Hilaire ; la poursuite de laroute de la vallée maraîchère ; etla desserte de l'entreprise
Castel. "Il y a urgence à reprendrel'étude d'un demi-échangeur",a souligné Jean-ClaudeDaubisse.
L'autre réserve estvenue d'André Trillard. En l'absencede l'avis du ministère
del'Agriculture sur le dossier, le chef de la minorité s'est interrogésur le choix de la date. "Est onau bon moment
? ", a-t-illancé.
• Schéma routier revisité
Bernard Deniaud a répondupoint par point au conseillergénéral de l'opposition. En
cequi concerne l'échangeur surl'A83 à Montbert, l'Etat ademandé à ASF de
conduire lesétudes techniques. "Nousattendons le dossier et desavoir qui va
payer ? ", a préciséle vice-président. Pour lavallée maraîchère, la poursuitesera soumise à l'enquête publiqueen 2010. Quant au pont de Thouaré,une réunion entre Saint-Julien,Thouaré, Mauves et La
Chapelle-Basse-Mer est prévue finnovembre. Et pour Castel, lesélus de Vallet
sont en concertationavec l'Etat. Ces aménagementsseront à regarder de plushaut. Le schéma routier va eneffet être revisité "très prochainement",a annoncé BernardDeniaud.
• Accompagnement desélus
Du côté de la majorité, on afait bloc. Michel Merlet a rappeléque "ce sujet" faisait
partiede son "engagement de candidat".Rappelant les contrevéritésqui ont
parasité le dossier, leconseiller général du canton deClisson a émis le voeu que dorénavant,les services du conseil général soient associés dans lescomités de réflexion afin "quetous les acteurs
entendent lesmêmes informations enmême temps". Et s'est engagé"à accompagner
les viticulteurs".
Même engagement de la partdu conseiller général du cantonde Vallet. Si René Baron
estconvaincu que "ce projet est unformidable vecteur de développement,il ne
doit pas yavoir de perdant", a-t-ilnuancé. "Un tel projet est toujoursune
plaie dans le paysage.Aussi, les compensationsdevront être justes et toutes lesmesures prises pour que lesnuisances soient minimes".
• Les abstentions
En fait, le dossier n'a soulevéque trois objections dans l'assemblée.Françoise
Verchères'est abstenue plus sur la formeque sur le fond. Gilles Denigot,s'est dit gêné par "l'obsession"du Département d'aller vers
une2X2 voies, véritable "aspirateurà voitures". "C'est unemanière de voir
l'aménagementdu territoire qui date dupassé", a regretté l'élu vert. Troisièmeà s'abstenir : Roger Jamin.Pourquoi ? L'élu s'est dit
"solidaire"de ses collègues de Loire-Divatte. L'intercommunalitéavait voté en
faveur du tracéouest rapproché. Et du fait des"inconnues par rapport à laprofession viticole".
• Opposition de la viticulture
Si le vote en faveur du tracéEst est passé lundi comme unelettre à la poste, reste une
étapeplus difficile à franchir. Celle del'avis du ministère de l'Agriculturesur le dossier. Malgré lesdemandes incessantes du syndicatde défense d'appellation, leconseil général a attendu le votepour lancer la procédure. "Onpeut s'étonner que
l'assembléedépartementale se prononcealors qu'elle n'a pastous les éléments du
dossier",rappelait à l'issue du vote, FrédéricMacé.Après
réception de lademande, le ministère a troismois pour consulter l'INAO etdonner un avis. "Si celui-ci estnégatif, le conseil général peutpasser outre. Mais il
faudraqu'il motive ses raisons", ajoutaitle directeur du SDAOC. PourJoël Forgeau, la profession vatout faire "pour qu'une telleroute ne se fasse pas". "Onnous dit toujours que c'est ladernière fois. Qu'on veut limiterla traversée des clos de qualitémais ce n'est pas faisable",tempêtait le président du
syndicatde défense de muscadet."On continue à gaspiller desterres agricoles.
Cela représentela surface d'un département tous les dix ans", rappellele viticulteur mouzillonnais,confiant dans la position de
sonministère.
• Bernard Deniaud necontestera pasLe dossier va désormais serendre sur la table du ministèrede l'Agriculture. LTNAO localepense avoir "de bonne
chanceque le dossier soit rejeté". Danscette hypothèse, le vice-président
Bernard Deniaud a d'oreset déjà indiqué qu'il prendra"acte de la décision". "Auconseil général, on est légaliste.On n'ira pas à l'affrontement